La fierté est-elle vraiment un vilain défaut ?

La fierté est souvent considérée comme une émotion négative, l’opposé de l’humilité, et même une source de conflit en société. Pas pour la psychologue Jessica Tracy qui vient d’écrire le livre « Take Pride: Why the Deadliest Sin Holds the Secret to Human Success ». Pour Tracy, la fierté nous vient de notre héritage ancestral, c’est une force qui nous pousse à donner le meilleur de nous-même.

Les signes physiques qui expriment la fierté (poitrine en avant, tête en arrière et un léger sourire) sont reconnus dans de nombreuses cultures, encourageant la déférence d’autrui et la valeur travail comme moyen d’intégration sociale. Le degré d’auto-évaluation de sa compétence et de son appartenance à un groupe est un facteur scientifiquement prouvé de bien-être optimal et durable. C’est également un facteur de développement des apprentissages car les enfants comme les adultes vont se sentir à l’écoute de l’expertise induite par la fierté exprimée (consciemment ou pas).

Les chercheurs Williams LA. et De Steno D. ont par ailleurs démontré dans une étude le lien motivationnel de la fierté dans la persévérance. L’émotion induite par ce sentiment de fierté nous motive à persévérer dans des tâches par ailleurs difficiles et contraignantes.

Le côté obscur de la fierté.

Pourtant tout n’est pas rose, comme nous le rappelle Tracy. Le côté obscur de la fierté mène droit à l’hubris, l’orgueil, la démesure, lorsqu’on s’appuie sur les autres pour se grandir soi-même. Une personnalité narcissique blessée peut se cacher derrière une forme dénaturée de la fierté et manager dans la malveillance. Il ne s’agit plus ici d’aspiration au bien-être authentique, mais plutôt de se protéger d’un mal-être profond.

Ainsi Donald Trump doit sa popularité à sa fierté ressentie et exprimée qui lui donne une image de puissance et d’expertise auprès du grand public, tout en étant plus proche de l’orgueil dans son expression parfois arrogante et agressive. Claire E. Ashton-James et Jessica L. Tracy ont démontré dans une étude que les personnes sujettes à une fierté authentique voyaient leur niveau d’empathie augmenter, au contraire des sujets orgueilleux…

Comment résister aux sirènes de l’orgueil ?

Soyez présents à vous-même, surtout lorsque vous recevez des félicitations, à travers des pratiques méditatives par exemple. Ce sont l’aspiration et les efforts pour devenir une personne meilleure qui permettent d’en récolter les fruits (le statut, le succès etc.), l’oublier c’est se soumettre aux sirènes du gain facile.

La fierté est un vecteur de motivation et de transformation personnelle pour contribuer au fonctionnement optimal de notre société.

Céline Simonnet Lafont

celinesimonnetlafont.com